infirmiers calédoniens

29 avril 2018

MOBILISATION

C O M M U N I Q U E DU 29 AVRIL 2018

Lassés d’être dans l’expectative, les infirmiers libéraux se mobilisent et rejoignent la mobilisation des cliniques privées, médecins et chirurgiens-dentistes libéraux.

Tout comme la clinique, on nous avait accordé une revalorisation de nos tarifs et de nos déplacements en Commission santé CAFAT le 01/10/2013. En pleine campagne de gels des prix et des prestations, l’exécutif en place l’avait refusée. Le SIAD au vu de la difficulté du RUAMM  n’a pas souhaité représenter cette demande car l’impact financier était de moins de 29 millions par an. Nous avons donc fait économiser sur 4 ans 116 millions au RUAMM. On peut donc dire que nous avons contribué à la maîtrise des dépenses de santé.

Nous avons grandement participé au plan DO KAMO et avons fait plusieurs propositions qui ont fait leurs preuves en France. La prescription infirmière de petit matériel, appliqué  en France depuis fin 2007 a entrainé une forte baisse des dépenses. L’analyse de la mutualité française, réalisée à partir des comptes nationaux de la santé de 2001 à 2011 paru en décembre 2012, note la baisse des dépenses en petit matériel de  12.5 % en 2007 à 1.7 % en 2009. Si on appliquait cette proposition, les dépenses du RUAMM liées au petit matériel  chuteraient d’au moins 10%.  Un peu plus que cette idée farfelue qui circulait de baisser les tarifs et les déplacements des infirmiers  (- 50 millions pour les tarifs).

Nos propositions tiennent compte de l’impérieuse nécessité de garder le réseau sanitaire et social issu des accords de rééquilibrage entre provinces.  La hausse du nombre d’infirmiers libéraux hors Nouméa et grand Nouméa de + 168% entre 2004 et 2016 est essentiellement due à une politique équilibrée entre dépenses et accès aux soins pour tous.

Toutes propositions  purement comptables que s’apprêtent à dévoiler l’exécutif feront voler en éclat l’équilibre que nous avons obtenu. En espérant qu’un jour, elles seront dévoilées :

Programme du plan DO KAMO de septembre 2011 : Mise en œuvres des actions prioritaires (promotion de la santé en milieu scolaire, pérennisation de la protection sociale : octobre 2017 ; Négociation du budget : septembre-octobre 2017 ; Mise en œuvre des actions : à partir de février 2018.

Et récemment par mail, diffusion des mesures pour sauver le RUAMM prévue mi -mars puis repoussée fin avril 2018 et à ce jour rien n’est sorti. Terre de parole, terre de partage, nous avons du mal à croire que nous sommes sur le même caillou  quand on ne tient pas  ses engagements et que l’on ne partage pas ses documents.

Les infirmiers libéraux du grand Nouméa et de brousse  rejoignent donc nos collègues professionnels de santé  mobilisés qui subissent l’autoritarisme et le mutisme de l’exécutif et faisons comme eux :

1/ On termine les soins en cours.

2/  On ne prend  plus  de nouveaux patients.

3/ On ferme les rideaux de nos cabinets.

4/ Arrêt des soins généraux.

UNE MOBILISATION PLUS FORTE EST PREVUE EN CAS D’ABSENCE DE REPONSE

                                                                                                                                                             Le bureau du SIAD

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08 mai 2017

PLAN DO KAMO

le SIAD s'est affilié à une fédération de professionnel de santé  adhérente d'une organisation patronale pendant 5 ans pour se faire entendre.

Malheureusement, nous n'avons pas pu nous prononcer sur bien de sujets car l'organisation patronale avait en son sein des syndicats non professionnel de santé qui avaient des opinions divergentes. 

Les assises de la santé ont été lancées par le gouvernement calédonien précédent et repris par l'éxecutif actuel sous le non du plan DO KAMO. LE SIAD s'est beaucoup investit dans la première moulure des assises et a même pris le co piltogage d'un groupe à la reprise des assises par le gouvernement actuel.

Nous ne remettons pas en cause les assises ou le plan DO KAMO, mais nous estimons que la commande faite par l'éxecutif à M. SUDRIE, qui a coûté 1 980 000 CFp au contribuable, ne répond pas au problème de santé publique qui touche la Calédonie d'autant plus que l'expert choisi par le gouvernement n'est pas économiste de la santé.

Si vous demandez à un financier de vous faire un travail d'analyse financière, il vous rendra un rapport dans lequel il vous parlera finances, argent. C'est le cas. 

Il ne faut pas s'attendre à ce qu'il vous parle d'humain, de maladie, d'acte de soin, de producteur d'acte de soin ou de prévention, d'organisation du système de soins. 
Il n'a pas été formé à cela ; ce n'est pas ce qui lui a été demandé. 
Et en l'espèce, le volume d'honoraires n'aurait pas permis qu'il aille ainsi dans le détail. On ne s'improvise pas spécialiste d'un secteur comme celui de la santé.

Il s'agit d'une analyse macro-économique dans laquelle on observe et compare des chiffres et agrégats. 
Les références bibliographiques montrent que le consultant a étudié la question et compulsé diverses études, dont il a pu rendre compte. 
une bonne formation d'économiste, mais sans forcément avoir une idée concrète de ce qu'est un malade, une maladie, un soin, un établissement de soin. 

Et c'est là qu'est le problème car on resonnant ainsi  on  voit bien avec les problèmes de pénurie de certains soignants et l'excès d'autres.
dans un  contexte insulaire, c'est pire ; la taille du "marché" du soin est trop petite pour ces ajustements ;

- est ce que vous voulez que l'on traite un problème financier ou est ce que vous voulez que l'on traite un problème de santé publique?

il ne peut y avoir pour la population 0,25 spécialiste de telle ou telle pathologie ; c'est soit zéro (avec coût zéro mais également zéro soins, d'où les évacuations sanitaires) soit 1, et même si le chirurgien n'a que le quart des malades qu'il pourrait soigner, il est payé à plein temps et donc, naturellement, à qualité égale, le service de soins est plus coûteux sur une île que sur un continent. 

D'où la nécessité, dans un tel contexte, d'envisager une politique de polyvalence, où : 
- en l'absence de médecin, l'auxiliaire médical devra être autorisé à pratiquer des actes normalement dévolus au médecin,  
- en l'absence de médecin, celui qui prodigue les soins devra bénéficier d'un défraiement et d'un remerciement pour les actes qu'il a réalisé, hors de ses attributions normales. 

Peut être aussi faudrait il s'interroger sur les raisons qui font "prospérer" les malades. 
Dans ce rapport, et c'est normal puisque ce n'est pas la question posée,on ne voit aucune réflexion sur les raisons de la prévalence par exemple de l'obésité car les enfants ne naissent pas obèses. 
Faut il attendre que la personne soit en situation d'obésité morbide, sans capacité de gain, pour lui dire qu'elle coûte trop cher à la société et doit donc payer une partie du coût de ses soins, directement (ticket modérateur) ou indirectement (assurance complémentaire obligatoire) comme le rapport le suggère .  

Mais le rapporteur n'est pas en cause ; c'est la problématique qui est mal posée.

Il est encore temps de placer le calédonien au centre du plan DO KAMO comme cela était prévu initialement.

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14 février 2016

HISTOIRE DE LA PROFESSIONS From infirmier.com

L’évolution et le long parcours des professions de soins est un parcours enfoui dans un lointain passé, mais ouvrant sur le temps d'aujourd'hui qui nous permet de mieux comprendre les récents bouleversements survenus au sein de ces professions (création de l’Ordre infirmier, transfert de compétences, création d’une licence universitaire en soins infirmiers…) et surtout ceux de la profession infirmière. Une meilleure compréhension de ce passé permet de saisir la signification originelle et primordiale des soins : celle de maintenir, promouvoir et développer tout ce qui existe ou tout ce qui reste de potentiel de vie au sein des êtres vivants (1).

Dès l’origine de l’humanité : identification des soins à la femme

histoire des infirmières des origines à nos jours

A l’origine de l’humanité, s’est opérée une division sexuelle du travail afin que l’espèce survive dans un milieu hostile (2) :

  • assurer le maintient et la continuité de la vie : rôle que se sont appropriées les femmes
  • lutter contre la mort et protéger l’espèce des menaces : rôle que se sont appropriés les hommes

Plus particulièrement élaborée par les femmes autour de la fécondité, la fonction soignante issue des savoirs de soins s’est transmise de générations en générations par ces mêmes femmes. Ces savoirs se sont constitués par observation de la nature et transmis par les mains. En effet, le petit enfant se représentait les soins par les gestes que sa mère lui faisait. La 1ère figure de la soignante était alors la matrone.

La matrone, c’est celle qui est devenue mère et qui a acquis l’expérience de l’accouchement et de la naissance et qui l’a transmise aux autres femmes (3). Il fallait avoir éprouvé toutes les étapes de la gestation et avoir effectué son cycle biologique complet pour assumer ce rôle. Aussi, étaient exclues des soins les vieilles filles et les femmes stériles (4). De la maternité et des soins à l’enfant découlaient tout naturellement un certain nombre de compétences de soins : la toilette aussi bien des nouveau-nés que des morts, le toucher et la pratique des massages, les soins de beauté, la préparation d’une alimentation adéquate étendue ensuite aux préparations médicinales (5).

N’ayant pas eu accès à l’écriture à l’époque, ces femmes n’ont alors laissé aucune trace de ces savoirs qu’elles avaient acquis de façon empirique par observation de la nature et transmis oralement. C’est la raison pour laquelle cette fonction si indispensable à la vie verra sa conception se modifier profondément avec l'avènement de l'ère chrétienne, puis plus tard avec l'émergence de la médecine « scientifique ».

Quant aux hommes, ceux-ci vont à l’origine, éloigner la menace en faisant reculer la mort afin qu’elle ne vienne pas au niveau de l’endroit d’où vient la vie (bêtes sauvages), puis petit à petit vont augmenter le territoire du groupe par épuisement des ressources locales. Ils vont créer et utiliser des instruments tranchants pour tuer les animaux sauvages. Cette utilisation d’outils conjuguée à une connaissance du corps des animaux sera le point de départ d’une lente évolution des professions de barbier puis de chirurgien (6).

C’est l’homme qui soignait l’homme blessé, cela était interdit aux femmes (elles s’occupaient de la naissance et de la mort de ceux du groupe). En réduisant le mal par la force, ils deviendront des rebouteux puis des chirurgiens. En contenant le mal social par la force, ils deviendront gardiens d’asiles puis infirmiers psychiatriques. Et finalement, en lutant contre le mal, ils lutteront contre la maladie, ils feront reculer l’échéance de la mort. Ils deviendront médecins. Ils utiliseront leur arme : le traitement (en prolongement des instruments tranchants et coupants).

Par la suite, ils découvriront l’écriture. Avec les premières croyances et religions, apparaîtront les prêtres et clercs (qui sont des classes sociales d’hommes qui détiennent l’écriture sacrée et la loi). Cette étape marquera l’apparition de la civilisation du livre. Les prêtres en détenant le savoir vont détenir le pouvoir. Ces hommes vont penser ce qui est bon et ce qui est mauvais, c’est comme ça que la médecine et le droit vont émerger du livre puisqu’elles vont se fonder sur des doctrines (qui donne « doctoral » puis « Docteur »). C’est l’apparition des professions de l’écrit issu du livre et des prêtres : les Juges et les médecins.

Je dois, à cette étape de mon article rendre hommage à Marie Françoise COLLIERE sans qui cette pensée n’aurait peut être jamais été possible. C’est elle seule qui est allée pousser la réflexion sur l’origine des soins. Nous la remercions encore.

En résumé de cette partie, nous voyons se profiler deux mouvements (7) :

  • les soins qui sont des pratiques visant à stimuler les forces de vie : pratiques originellement appropriées par les femmes : « Prendre soin »
  • les traitements qui sont des armes pour lutter contre le mal (et la maladie) : pratiques originellement appropriées par les hommes : « Faire des soins »

Du moyen âge à la fin du XIXème siècle : soins réservés à la femme consacrée

Nous sommes au début du moyen âge et l’on assiste à l’avènement du christianisme avec le développement de la doctrine chrétienne, le développement de la vie monastique, le développement du vœu de chasteté et la naissance d’un mouvement de réprobation des cultes païens (8). Le corps qui était en harmonie avec la nature se voit rapidement frappé d’interdit (9). Il devient selon la doctrine chrétienne indissociable de l’âme qu’il porte et est à la recherche de son salut. La chair sera méprisée et tout ce qui est péché de chair sera puni (10).

Le ventre incluant le « bas ventre » devient donc par détournement de sens, zone suspecte, honteuse, « terra incognita » et source de péché liée au diable (11). Le personnage qui deviendra suspect est la femme. On lui reprochera « d’être femme donc impure et tentatrice, vecteur et symbole de la sexualité ; d’avoir une connaissance vécue et suspecte du corps et d’avoir un pouvoir de vie et de mort (à l’égal de Dieu) et enfin d’avoir une connaissance empirique des plantes et de la nature : connaissance incontrôlable, donc suspecte (12) ». La seule activité possible pour exercer les soins sera alors pour la femme qui le désire d’entrer dans les Ordres.

Le modèle dominant de la femme soignante, c’est la religieuse (ou « femme consacrée ») qui n’a plus besoin d’avoir enfanté pour soigner l’autre. Au contraire, vierge divine affranchie des contraintes de sa propre famille d’origine, elle pourra consacrer tout son temps à la prière et aux soins. Le soin est fondé sur la charité (chrétienne) et l’activité des religieuses se concentre avant tout sur les corps souffrants (dignes d’attention à l’image du corps souffrant du Christ (13).

Cette époque est marquée par les congrégations religieuses avec une hiérarchie ecclésiastique pure. Les qualités de la soignante de l’époque sont la disponibilité, le dévouement, l’obéissance et l’abnégation. Le soin n’a alors aucune valeur économique. Le travail de soins repose institutionnellement sur la gratuité : gratuité du travail des sœurs qui ont un emploi dont la rétribution est l’assurance du vivre et du couvert ; gratuité de tout ce qui est nécessaire aux soins couvert par les dons et les legs (14). Les pratiques de soins des femmes consacrées s’adressent aux pauvres, aux humbles et aux indigents (pour les aider à obtenir le Salut). Et soigner les pauvres, c’est aussi rester pauvre avec les pauvres. Aussi, lorsque s’est un jour posé la question de la rémunération des infirmières laïques, il a été très difficile de se prononcer.

A noter qu’à cette époque, les hommes ne seront pas absents de la pratique des soins. On peut affirmer que les soins au corps blessé à la chasse ou à la guerre ont été de leur ressort. Il a été constitué (notamment lors des croisades), des corps d’infirmiers masculins attachés aux armées, ou esclaves des légions romaines ou serviteurs d’ordres guerriers. Enfin, des forçats infirmiers (15) sont créés dès les 1èrs années de leur bagne ; « ils sont enrôlés dans les hôpitaux afin de réaliser les soins journaliers…toujours sous la surveillance des sœurs hospitalières (16) ».

En consultant les registres hospitaliers des établissements parisiens, on s’aperçoit qu’il existait au XIXème siècle autant d’hommes infirmiers que de femmes. C’est bien la preuve que les hommes ont bien eu une place dans les soins (17). Seulement, des évènements comme la 1ère guerre mondiale vont bouleverser ce nombre.

Petit à petit, les religieuses vont délaisser les soins corporels pour se consacrer aux soins spirituels et à l’intendance des salles. Les soins corporels ne seront pas valorisés et ces tâches seront confiées à des personnels laïcs, frustres, sales, totalement illettrés et sous payés (18).

De la fin du XIXème siècle aux années 1920 : laïcisation et technicisation des soins.

Plusieurs facteurs vont influencer la pratique des soins à partir du XIXème siècle :

  • Essor industriel avec l’apparition de la « travailleuse » c’est-à-dire que la femme va travailler à l’usine de façon rémunérée (auparavant, les femmes travaillaient aux champs ou dans des travaux de couture (19) …
  • Progrès scientifiques avec les découvertes de Pasteur
  • Processus de laïcisation de la société française avec l’avènement de la IIIème République
  • Implication grandissante des médecins dans le paysage politique français
  • État déplorable des hôpitaux où les soins se monnayent auprès des infirmiers et filles de salle, où les malades dorment à même le sol avec un peu de paille (20)…

A la fin du XIXe siècle, avec la révolution pasteurienne, l’approche de la maladie nécessite l’utilisation de techniques de plus en plus perfectionnées (21).

Les médecins, (débordés ?), se trouvent dans la nécessité de déléguer certains soins à un personnel subalterne. De plus, les religieuses qui règnent en maître à l’hôpital ne respectent pas toujours les préconisations des médecins et font souvent le contraire. L’auxiliaire médicale, sous l’impulsion d’un médecin républicain le Dr Bourneville (22) apparaît et les premières écoles d’infirmières ouvrent leurs portes. Avec le début de ces premières écoles d’infirmières dans les hôpitaux parisiens, le programme des premiers cours et les manuels affichent une orientation résolument médicale et technique : cours d’anatomie, physiologie, techniques de soins, hygiène… La fonction soignante, le « prendre soin » cède petit à petit le pas au « faire des soins » c’est-à-dire de façon purement « technique » (23).

Là encore, s’opère un autre changement dans l’approche au corps. Le « danger » de l’infection devient la toile de fond de toute intervention sur le corps du malade (24). Les gestes (les soins) sont appris de façon chronologique, répétitive : leur apprentissage repose sur un ordre précis et conduit à un véritable « dressage » du corps de la soignante (25). Les mains des infirmières deviennent des instruments et le corps du malade devient objet de manipulations. En fait, cette façon d’aborder le corps dans les soins va opérer une distance. Cette distance se voudra dénuée d’affect. On va passer du « corps sujet » de soins au « corps objet » de soins ou plutôt du « prendre soin » à « faire des soins (26) ».

sciences medicales

Des années 1920 à aujourd’hui : autonomisation et fédération des professions de soins

Après la seconde guerre mondiale, avec le développement de l’antibiothérapie et des techniques d’explorations, l’hôpital devient un lieu d’hypertechnicité (27), et l’on assiste d’une part à l’apparition de nouveaux professionnels de santé (diététiciennes, manipulateurs en radiologie médicale, techniciens de laboratoire...) et d’autre part à l’appropriation par les infirmières de nouvelles compétences médicales.

Les soins dispensés en série sont centrés sur la maladie ou l’organe atteint. L’hypertechnicité entraîne une hiérarchie professionnelle construite sur tout un système de valeurs techniques.

On assiste ainsi à un certain morcellement de la fonction soignante et en même temps, une volonté de conjuguer les principes d’abnégation hérités d’un passé religieux (28) et les impératifs de technicité comme forme de revendication professionnelle.

C’est pourquoi les nécessités de division du travail conjuguées à un grand besoin de professionnalisation amènent les infirmières à déléguer ce qu’elles considèrent comme le « sale boulot », c’est-à-dire à « déprécier la qualification de garde malade qui leur vient de Nightingale et à en céder les fonctions aux petits personnels, pour se consacrer aux travaux d’administration (29) » C’est sur cette base que sera crée le métier d’aide soignant (30) en confiant à ces professionnels avec peu de qualification, les soins au corps, ses soins si indispensables à la vie, soins qui trouvent leur origine dans la nuit des temps. Les infirmiers durant tout le XXème siècle n’auront de cesse que de revendiquer leur autonomie. Voici quelques dates marquantes :

  • Création du brevet de capacité professionnelle (1922) puis diplôme d’État d’infirmier (1942)
  • Création de la fonction de cadre infirmier (1951)création du grade d’infirmière générale (1975)
  • Reconnaissance d’une autonomie dans les soins = rôle propre infirmier (1978)
  • Publication du décret sur les règles professionnelles (1993)
  • Création de l’Ordre infirmier (2007)

In memoriam - Gloire aux infirmiers militaires

Un besoin réel de reconnaissance…

Pour conclure, si l’on peut avancer une thèse qui fera consensus auprès des professionnels infirmiers, c’est autour du besoin de reconnaissance. En effet, malgré la création du « rôle propre » en 1978 et la légalisation du diagnostic infirmier en 1993, on peut s’étonner avec F ACKER (31) de la persistance du sentiment de non reconnaissance chez les professionnels infirmiers. Actuellement, ce besoin s’exprime dans la volonté « d’universitariser (32) » la formation infirmière. Ainsi « la rhétorique infirmière revendique la possession ou l’accès à l’ensemble des traits qui caractérisent les professions établies –au sens anglo-saxon du terme- : forte autonomie (contrôle de la formation, des pairs, des normes d’activité), corpus de savoirs théoriques élaboré par des activités de recherche et transmis par l’université, déontologie professionnelle (33) ». Au travers l’histoire de la profession, nous avons vu que les infirmières ont sans cesse voulu s’affranchir des différentes tutelles (religieuses et médicales) en élaborant un champ de compétences qui leur soit spécifique, c’est-à-dire qui échappe au regard médical. Or, on observe que dans nos établissements de soins, la pratique des professionnels devient de plus en plus une pratique d’interdépendance entre plusieurs catégories professionnelles (34). Du coup, les infirmières tentent d’investir des champs jusqu’à lors non explorés comme l’informatisation ou les vigilances, ceci afin de sortir de l’invisibilité.

Ne serait-ce pas plus simple pour elles de se réapproprier le « prendre soin » et de l’anoblir puisque prendre soin de la vie demeure tout aussi vital pour les hommes d'aujourd’hui que pour ceux d'hier. Qui assumera cette fonction irremplaçable dont nulle part au monde on ne saurait se passer ? Ce chemin est ouvert à la profession infirmière qui après 150 ans de professionnalisation cherche encore son identité : l'identité de son champ de compétence, l'identité des soins infirmiers.

Pour mémoire* : chronologie de la profession en France

  • 1902 : (Circulaire) 1ere définition de l'infirmière.
  • 1907 : 1ere école d'infirmières à la Salpêtrière à Paris.
  • 1922 : (Décret) Création d'un Brevet de capacité professionnelle qui permet de porter le titre d'infirmière diplômée d'État.
  • 1938 : (Décret) Création du Diplôme d'État d'infirmier
  • 1946 : (Loi) L'obtention du Diplôme d'État est obligatoire pour exercer la profession d'infirmière.
  • Des mesures dérogatoires (après examen dit de récupération) autorisent les personnes non diplômées qui assuraient des soins à exercer la profession en qualité:
    • d'infirmier polyvalent ou avec activité limitée,
    • d'infirmier auxiliaire polyvalent ou avec activité limitée.
  • 1951 : (Décret) 1ere école de cadres infirmiers (Croix-Rouge Française).
  • Création d'un conseil supérieur des infirmiers (CSPPM en 1973).
  • 1958 : (Décret) Institution officielle des certificats d'aptitude à la fonction d'infirmière monitrice ou d'infirmière surveillante.
  • 1965 : Ouverture de l'école internationale d'enseignement infirmier supérieur de Lyon (EIEIS) ; cette institution n'existe plus.   
  • 1975 : Certificat cadre infirmier (CCI).
  • 1978 : Nouvelle définition de l'infirmière. Reconnaissance d'un rôle propre.
  • 1984 : (Décret du 17 juillet) Liste des actes professionnels.
  • 1980 : (Loi du 12 juillet 1980) relatif à l'exercice de la profession.
  • 1991 : Création du Service de soins infirmiers.
  • 1992 : (Arrêté du 23 mars) Relatif au programme des études conduisant au diplôme d'État d'infirmier.
  • 1993 : (Décret du 16 février) Les règles professionnelles.
  • 1993 : (Décret du 15 mars) Relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmière.
  • 2002 : Une nouvelle version du décret de compétence, décret du 11 février 2002
  • 2004 : Le décret de compétence du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier est abrogé . Notre profession est désormais régie par les dispositions du code de la santé publique suite à la parution du décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004.
  • 2006 : Adoption de la proposition de loi portant création d'un ordre national des infirmiers par l'Assemblée nationale, le 13 juin 2006.

*Rajout de la rédaction

Notes

  1. COLLIERE.MF « Promouvoir la vie » Inter Editions Masson, 1982
  2. Ibid, p 24-25
  3. Ibid, p 44
  4. VERDIER Y « Façons de dire, façons de faire » Ed Gallimard, 1980
  5. COLLIERE M-F, Ibid, p 40
  6. COLLIERE MF ibid., p 26-28
  7. COLLIERE MF « Soigner, le 1er art de la vie », Ed Masson, 2001.
  8. COLLIERE.MF « Promouvoir la vie » Inter Editions Masson, 1982, p 49
  9. LE GOFF J, TRUONG N « Une histoire du corps au Moyen Âge » Ed Liana Levi, 2006
  10. EHRENREICH B, ENGLISH D, « Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine » Les éditions du remue-ménage, 1976.
  11. MICHELET J « La sorcière », Ed Garnier Flammarion, 1993.
  12. COLLIERE.MF « Promouvoir la vie » Inter Editions Masson, 1982, p 53
  13. Ibid p 66-67
  14. COLLIERE M-F, DIEBOLT E, « Pour une histoire des soins et des professions soignantes », cahiers de l’AMIEC n°10, 1988
  15. AUTRET J « L’hôpital aux prises avec l’histoire », Ed L’harmattan, 2004.
  16. AUTRET, opus cité p 80
  17. CATANAS M « Etre infirmier au XIXème siècle » Article à paraître dans la revue de la Société Française d’Histoire des Hôpitaux, 2008.
  18. HAMMILTON A « Considération des infirmières des hôpitaux » Thèse de doctorat de médecine, Montpellier, 1900.
  19. PERROT M, DUBY G (dir) « Histoire des femmes en occident » Académie Perrin éditions, 2002
  20. HAMMILTON A ibid, p 50-60
  21. CHARLES.G « L’infirmière en France d’hier à aujourd’hui. » Ed Le Centurion, 1984
  22. POISSON.M « Origines républicaines d’un modèle infirmier (1870 – 1900) » Editions Hospitalières, 1998
  23. Un second personnage, Anna Hamilton, femme médecin va ouvrir une école de gardes malades à Bordeaux, école fortement influencée par le modèle de la nurse anglaise crée de toute pièce par l’aristocrate Florence Nightingale au milieu du XIXème siècle; modèle qui sera acculturé par le modèle technico-médical de Bourneville.
  24. PREVOST A-M « Réflexions sur l’enseignement infirmier » Thèse de doctorat en médecine Marseille 1982.
  25. PREVOST A-M « La mise à distance du corps » in « Pour une histoire des soins et des pratiques soignantes », cahiers de l’AMIEC n°10, 1988
  26. HESBEEN W « Prendre soin à l’hôpital. Inscrire le soin infirmier dans une perspective soignante » Ed Masson, 1997.
  27. MAGNON R « Les infirmières : identité, spécificité des soins infirmiers », Ed Masson, 2001.
  28. KNIBIEHLER Y, (dir.), « Cornettes et blouses blanches. Les infirmières dans la société française 1880-1980 », Paris, Hachette, 1984
  29. HUGHES E-C, « Le regard sociologique. Essais choisis », Textes rassemblés et présentés par Jean-Michel Chapoulie, Éditions de l’EHESS, Paris, 1996
  30. ARBORIO A-M « Les aides soignantes à l’hôpital : un travail invisible » Ed Syrios 1996
  31. ACKER F « Sortir de l’invisibilité, le cas du travail infirmier », Raisons pratiques n°8, 1997, p 65 -93
  32. CATANAS M « De la question de l’universitarisation des soins infirmiers » Article n°344, Portail internet cadredesante.com, 2007.
  33. FERONI I « Les infirmières hospitalières, la construction d’un groupe professionnel » Thèse de doctorat, Nice, 1994
  34. CARRICABURU D, MENORET M, « Sociologie de la santé. Institutions, professions et maladies » Ed Armand Colin, 2004

Bibliographie d’orientation sur l’histoire des soins

Ouvrages

  • BALY.M « Florence Nightingale à travers ses écrits » Inter Editions Masson, 1993.
  • BASSMADJIAN L « Souvenirs d’une infirmière : 1954 – 1990 » Ed Lettres du monde, 2007
  • BOURCIER C, BOURCIER YAPP C, « Nos chers blessés : une infirmière dans la grande guerre » Ed Allan Sutton, 2005.
  • CHARLES.G « L’infirmière en France d’hier à aujourd’hui. » Ed Le Centurion, 1984.
  • COLLIERE.MF « Promouvoir la vie » Inter Editions Masson, 1982.
  • COLLIERE. MF « Soigner, le 1er art de la vie » Inter Editions Masson, 2001.
  • EHRENREICH B, DEIRDRE E « Sorcières, sage-femmes et infirmières : une histoire de femmes et de la médecine » Les éditions du remue ménage, 2005.
  • FOUCAULT.M « Histoire de la folie à l’âge classique » Edition Tel Gallimard, 1972 (pour la 1ère édition)
  • GELIS J « La sage femme ou le médecin. Une nouvelle conception de la vie » Paris, Fayard, 1988.
  • KNIBIELHER Y, HESS O, « Histoire des infirmières au XXème siècle » Ed Pluriel, 2008.
  • LHEZ.P « De la robe de bure à la tunique pantalon, étude sur la place du vêtement dans la pratique infirmière » Inter-éditions Masson, 1997.
  • LEBRUN.F « Se soigner autrefois. Médecins, saints et sorciers aux XVIIème et XVIIIème siècles » Ed Point Seuil, 1995.
  • MAGNON.R « Léonie Chaptal, la cause des infirmières » Ed Lamarre, 1991
  • POISSON.M « Origines républicaines d’un modèle infirmier (1870 – 1900) » Editions Hospitalières, 1998.
  • SIMMONOT.A-L « Hygiénisme et eugénisme au XXème siècle » Ed Seli Arslan, 2000.
  • VIGARELLO.G « Le propre et le sale, histoire de l’hygiène du moyen age à nos jours », Ed Point Seuil, 1985.

Thèses et travaux universitaires non publiés

  • HAMILTON A - E « Considération sur les infirmières des hôpitaux » Thèse de médecine, Montpellier, Hamelin Frères, 1900. Ouvrage consultable à la faculté de médecine de Montpellier ou par prêt-inter.LEROUX HUGON V « Infirmières des Hôpitaux de Paris : 1871-1914. Ebauche d’une profession » Thèse d’histoire, Université Paris VII, 1981. Consultable sur place ou par prêt-inter.
  • PREVOST A M « Réflexions sur l’enseignement infirmier : 1870 - 1914 » Thèse de Médecine faculté de Marseille, 1982. Consultable sur place ou par prêt-inter. Excellente analyse sur la genèse et évolution des apprentissages infirmiers qui devrait intéresser les cadres formateurs en IFSI.

Si vous voulez avoir deux exemples sur l'influence de l'histoire des soins dans les problèmes infirmiers d'aujourd'hui, lire les articles suivants

 

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LA NECESSAIRE COOPERATION ENTRE PROFESSIONNELS DE SANTE

LES COOPERATIONS ENTRE PROFESSIONNELS DE SANTE

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

Les pratiques de coopération qui modifient la répartition traditionnelle des rôles et des tâches entre professions médicales et paramédicales restent aujourd’hui peu connues bien que répandues. La connaissance, la reconnaissance et l’encadrement de ces pratiques issues du terrain dont certaines se développent en dehors de tout cadre légal ou réglementaire renvoient à deux objectifs fondamentaux.

 

Premièrement, la plupart de ces pratiques sont individuelles, informelles et donc ne sont ni intégrées dans des démarches qualité ni évaluées. La reconnaissance et le développement de ces pratiques dans un cadre de qualité et de sécurité pour le patient s’inscrivent dans un objectif de qualité des soins partagé par tous les acteurs.

 

Deuxièmement, un certain nombre de professions ne sont donc pas reconnues dans leurs pratiques et compétences réelles. La redéfinition du contour des métiers et de la répartition des activités apparaît aujourd’hui comme un élément déterminant de l’attractivité des professions.

 

Cette redéfinition a un rôle majeur tant sur le contenu des métiers que sur les conditions de leur exercice, en particulier par l’optimisation de l’activité de chaque professionnel, la reconnaissance des compétences, la valorisation financière, l’ouverture de nouvelles voies d’évolution professionnelle….

 

I/ Les enjeux des nouvelles formes de coopération

 

Les expériences internationales tendant à modifier les rôles des différents professionnels de santé offrent une piste d’analyse intéressante pour réfléchir aux enjeux des nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé en Calédonie.

Tout d’abord, ces expériences montrent que les coopérations entre professionnels s’inscrivent dans des organisations très différentes de l’offre de soins et de la médecine de ville ; leur analyse est ainsi fortement dépendante de cet environnement.

La littérature américaine sur les nouvelles formes de coopération (Skill mix) s’est ainsi d’abord focalisée sur les expériences visant à une substitution entre les divers types de professionnels de santé (médecins-infirmières, psychiatres-conseillers en psychiatrie, médecins-pharmaciens, médecins-diététiciens, infirmière-personnel non qualifié, infirmière-diététicien) au début des années quatre-vingt-dix, puis a analysé les expériences de diversification des services. C’est, au contraire, la question du volume et de la diversification des activités de soins qui a, semble t-il, constitué la porte d’entrée à la réflexion sur les coopérations entre professionnels au Royaume-Uni, la problématique de la substitution intervenant plus tardivement dans les débats. Ces deux approches des coopérations entre professionnels illustrent l’importance des facteurs de contexte. Si aux États-Unis les principaux problèmes du système de santé sont liés à son coût, au Royaume-Uni, c’est souvent la médiocre qualité de la prise en charge des patients qui a été dénoncée dans les années quatre-vingt-dix. Dès lors, on comprend que la problématique principale abordée aux États-Unis soit celle de la substitution entre des professionnels ayant des niveaux de rémunération différents, afin de « produire » un ensemble de soins donné au moindre coût. A l’inverse, au Royaume-Uni, la priorité a été de proposer la meilleure prise en charge possible à niveau de ressources donné (humaines mais aussi financières).

Nonobstant l’importance du contexte, les expériences internationales permettent de dégager des enseignements généraux utiles.

Il apparaît d’abord que les expériences de coopération ont un impact significatif sur le contenu même du processus de soins. Elles peuvent ainsi permettre d’améliorer la qualité des soins en favorisant le développement de certaines activités (l’éducation thérapeutique par exemple) et/ou la réorganisation de la prise en charge des patients avec des professionnels paramédicaux possédant des compétences étendues (par exemple pour le suivi des malades chroniques par une infirmière référente).

Les coopérations peuvent aussi permettre de faire face à des insuffisances du nombre de médecins grâce à une utilisation plus efficiente des compétences disponibles. Si elles peuvent contribuer à dégager du « temps médecin ».

Par ailleurs, elles ne permettent généralement pas, à elles seules, de résoudre des difficultés liées à des pénuries localisées de médecins ; la répartition géographique des autres professionnels de santé est, en effet, le plus souvent proche de celle des médecins.

 

Si les coopérations améliorent l’efficience, c’est par l’amélioration des résultats obtenus en termes de qualité de la prise en charge et permettent également une baisse des dépenses grâce à la diminution des jours d'hospitalisation des volumes de consultations et de soins.

 

Enfin, les coopérations peuvent contribuer à la revalorisation de certaines professions dans la mesure où elles font l’objet de formations et de qualifications reconnues, permettant des évolutions de carrière. Cependant, la multiplication de ces nouvelles tâches peut aussi être

synonyme de surcharge de travail, et peut alors être vécue comme un moyen de transférer les malades les plus lourds (gériatrie, patients en fin de vie, patients ayant aussi besoin d’une prise en charge sociale).

 

Les enseignements des expériences internationales et les expérimentations françaises, passées et en cours, permettent d’identifier certaines activités habituellement réalisées par des médecins qui peuvent être confiées à des professionnels non médecins sans risques en termes de qualité et de sécurité comme la réalisation d’actes techniques par des infirmières dans les hôpitaux de jour, la transmission d’informations aux patients, les vaccinations ou encore le suivi des malades chroniques stabilisés. Ces éléments permettent donc d’envisager des modalités de développement des nouvelles formes de coopération rapidement opérationnelles.

 

Il s’agit d’une étape qui marque la volonté de développer les nouveaux modes de coopération entre professions dans la prise en charge des patients et qui permet d’entretenir la motivation des professionnels de santé qui se sont investis dans ces réflexions. Cependant, un développement plus ambitieux de ces nouvelles formes de coopération à la hauteur des enjeux liés à la prise en charge des patients et à la réponse aux besoins de la population se heurte à des freins qu’il convient de recenser.

 

 

II/ Des activités identifiées qui peuvent donner lieu à une nouvelle répartition des tâches

 

Les pratiques actuelles de coopérations entre professionnels de santé correspondent à des dispositifs et arrangements divers. Grâce à une analyse activité par activité, il est possible d’identifier des domaines pour lesquels une nouvelle répartition des tâches peut être envisagée dans le cadre de l’organisation actuelle des soins.

 

Les enseignements des expériences internationales

De nombreux pays se sont engagés dans des réflexions sur le partage des activités entre professionnels de santé à la fois en ce qui concerne les soins primaires (en particulier le Royaume-Uni et le Québec) et les soins spécialisés (néphrologie, chirurgie, sédation, cardiologie).

Quelques expériences phares illustrent, de façon particulièrement intéressante, le contenu des coopérations possibles dans le champ des soins primaires.

On peut, par exemple, citer la création, en 2000, des Groupes de médecine de famille au Québec, au sein desquels sont associés des infirmières aux compétences étendues (prévention, promotion, dépistage, gestion de cas, suivi systématique des clientèles vulnérables, etc.) et une dizaine de médecins. Ces groupes offrent une gamme de services médicaux de première ligne, 24h/24 et sept jours sur sept. Ils ont été créés pour améliorer l’accessibilité aux soins et pour promouvoir la prise en charge globale des patients et la continuité des soins. Le Québec s’est également engagé dans un processus visant à créer la

spécialité d’infirmière praticienne, autorisée à diagnostiquer et prescrire dans le domaine de la néonatologie, la cardiologie et la néphrologie.

Au Royaume-Uni, si la place des infirmières dans le champ des soins primaires est ancienne, en particulier en ce qui concerne les soins à domicile, les champs d’intervention des différents professionnels se sont modifiés depuis le début des années quatre-vingt-dix. D’une part, les réformes dans l’organisation des soins primaires se sont traduites par un effort pour inciter infirmières et médecins à travailler en collaboration. Les infirmières assurent ainsi, avec le concours des cabinets de médecins généralistes, des consultations de premier recours pour des problèmes mineurs, le suivi des malades chroniques stabilisés ou le développement de l’éducation et de la promotion de la santé. Il existe également des centres d’information, d’orientation et de promotion de la santé gérés de manière autonome par des infirmières (NHS Walk in Centers et NHS Direct) qui, bien que renforçant leur rôle, n’impliquent pas de collaborations institutionnalisées avec les médecins.

Certains types de coopération qui ont pu être mises en place peuvent toutefois apparaître moins consensuelles : c’est en particulier le cas concernant l’intervention d’infirmières spécialisées en hémodialyse aux Etats-Unis.Cet exercice demande aux infirmiers des capacités d’adaptation et d’analyse fine des situations. En effet, les personnes malades suivent désormais des parcours de soins variés avec des retours précoces à domicile, des ré-hospitalisations fréquentes, et des

placements intermédiaires en institution. Les infirmiers doivent donc développer des savoirs plus techniques, plus élargis en soins généraux et spécifiques, et surtout une capacité d’adaptation pour faire face aux modifications des situations des patients rapidement.

L’activité au domicile de la personne situe l’infirmier, de plus en plus fréquemment, en relation avec des intervenants multiples notamment de l’aide à domicile (auxiliaires de vie sociale…). Les frontières entre la prise en charge non médicalisée et médicalisée sont parfois ténues, comme dans le cas de personnes dépendante et/ou atteintes de pluri pathologies. Il revient souvent aux infirmiers à domicile d’avoir un rôle de

soutien, de formation et d’encadrement des gestes et des soins de confort (alimentation, techniques de déplacement des personnes…) apportés par ces professionnels.

 

Les infirmiers à domicile travaillent également avec de nombreux intervenants médicaux, des prestataires divers de matériel, des pharmaciens, etc. Le temps de coordination passé à la communication, aux transmissions des informations est essentiel pour la continuité et la qualité du suivi de la personne soignée. Par ailleurs, le rôle social, voire d’alerte dans les cas de multiples difficultés est essentiel, et ne peut aller qu’en augmentant dans une société qui vieillit et qui isole.

Les patients et leurs familles ou entourage s’adressent souvent aux infirmiers pour des conseils ou des informations pour des conduites à tenir, des décisions à prendre ou des choix à faire dans des parcours de soins. Les infirmiers sont ainsi positionnés dans des activités « de premier recours » ou « d’orientation » sans que ceci soit clairement

indiqué comme un « acte infirmier » du point de vue de la réglementation, ni comme une entrée possible dans le système de soins. Dans les situations difficiles (pathologies cancéreuses, soins palliatifs…) les infirmiers participent également au soutien des proches.

Les conseils donnés (prévention des risques ou des complications…), le temps passé en éducation, relation thérapeutique, ou les initiatives diverses qui évitent qu’une situation se dégrade ou qu’un médecin soit appelé en urgence, sont une nouvelle valeur ajoutée au rôle de l’infirmière.

L’exercice libéral est réglementée par une délibération relative aux codes de déontologies et des compétences infirmières depuis le 15 décembre 2010 mais avec l'absence d'un ordre infirmier les compétences déontologiques dépendent du gouvernement.

La « convention destinée à organiser les rapports entre les infirmières et

infirmiers libéraux et les organismes payeurs », signée en le 31 Août 2007, entend a apporter une attention particulière dans les alternatives à l’hospitalisation, la prévention, l’éducation et la formation, ceci afin d’accroître l’efficience du système de soins.

Par ailleurs, on trouve sur le secteur du domicile des structures privées de maintien à domicile de la personne dépendante, ils confortent le maintien à domicile des personnes qui le souhaitent et réalisent souvent les interfaces avec l’hospitalisation. Ces organismes développent des compétences de coordination et de gestion des interfaces pour le parcours de soins du patient.

 

 

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NOS DEMANDES

AXE 1 

DEVELOPPER LES RESEAUX DE PROXIMITE EN MUTUALISANT LES SECTEURS PUBLIC, PRIVE ET INTER-INSTITUTIONNELS POUR FAVORISER LA PROMOTION DE LA SANTE AU DELA DE LA PRESTATION DE SOINS

LE CENTRE D’INFORMATION EN SOINS INFIRMIER (CISI)

Les missions du CISI, sont définies comme suit :

  • Assurer, sur prescription médicale, aux personnes âgées malades ou dépendantes, les soins infirmiers et d’hygiène générale,

  • Concourir à l’accomplissement des actes essentiels de la vie, ainsi qu’éventuellement d’autres soins relevant d’auxiliaires médicaux ;

  • Eviter l’hospitalisation des personnes lors de la phase aiguë d’une affection pouvant être traitée à domicile,

  • Faciliter les retours à domicile à la suite d’une hospitalisation,

OBJECTIFS

  • Prévenir ou retarder la dégradation progressive de l’état des personnes

  • Optimisation de la prise en charge des patients , tant à l’hôpital qu’en ville, nécessitant un plan concerté entre les responsables du secteur sanitaire hospitalier, du secteur libéral et des secteurs sociaux et médico-sociaux, conforme aux objectifs retenus pour un plan de politique de santé. A terme, il serait souhaitable d’harmoniser les démarches aboutissant à l’harmonisation des problèmes de santé liés à la gérontologie et/ou au handicap sur tout le territoire.

INFIRMIER REFERENT ,CHAINON MANQUANT DANS LE PANORAMA DE LA SANTE PUBLIQUE

Mise en place d’un suivi complémentaire au domicile des patients souffrant de pathologies chroniques par le biais d’ infirmiers libéraux ou infirmiers référents choisi par le patient selon son secteur géographique , L’infirmier référent aura, au préalable, une formation sur la base du volontariat à l'ASSNC.

Ce suivi au domicile du patient sera complété par la mise en place d’un dossier commun d'évaluation de la motivation, des conditions de vies et de l'implication de soutien du cadre familial ( évaluation des personnes ressources, des leviers ou des feins ).

OBJECTIF

Mise en place dans la prise en charge des personnes dépendantes, de référents identifiés et reconnus de l’ensemble des acteurs, qui soient en charge notamment de l’évaluation, de la coordination et de l’accompagnement personnalisé pour :

  • Disposer d’un dossier unique ou partageable, soit un moyen de rassembler et faire circuler l’information clinique sur la personne âgée,

  • Elaborer un plan d’aide ou un plan de services individualisé, soit un moyen d’organiser une stratégie globale de coordination des services et de la consigner au dossier, en plus d’en effectuer le suivi.

Car hélas, le retour à domicile des patients atteints de pathologies lourdes est organisé par des sociétés prestataires de services. Pourtant l’infirmier libéral de secteur est doté d’une parfaite connaissance des autres professionnels de santé du secteur, il est le seul garant d’une bonne coordination et d’une bonne circulation des informations envers le médecin traitant. Actuellement, les patients sont canalisés, conduits étape par étape sans être acteurs de leur parcours. Ils n’ont plus le libre choix et l’auront de moins en moins. Le risque, s’il n’est pas déjà avéré, est de rendre les patients captifs de filières complètes qui peuvent avoir tendance à les considérer comme des produits générateurs de profits. De ces évolutions et de l’analyse des travers actuels des organisations (fréquents aller et retour entre le domicile et l’hôpital, absence d’anticipation des retours d’hospitalisation…) et des besoins de santé (maintien au domicile avec une adaptation de ce dernier, accompagnement personnalisé, réévaluation permanente en lien avec la famille et les aidants…).

FAVORISER AU PLUS VITE LE RETOUR AU DOMICILE DU PATIENT

Lorsque le cadre familial le permet, le retour à domicile doit être envisagé dans les plus brefs délais suite à une hospitalisation.
En attendant la mise en place par le CHT d’un service de HAD, les infirmiers pourraient bénéficier d’un accord systématique du contrôle médical de la CAFAT des doubles
AIS3 lorsque le corps médicale du CHT ou le médecin référent le précise sur l'ordonnance .

AXE 2

METTRE EN COHERENCE L'ORGANISATION DES STRUCTURES SANITAIRES ET SOCIALES ET LES BESOINS DE LA POPULATION.

Impliquer les infirmiers libéraux sur les actions de promotion de la santé selon les termes de l’article 76 de la délibération 104 du 15/12/2010

 

DEMANDE DE LETTRE CLE POUR LES ACTES DE PREVENTION

EXISTANT DANS LA NGAP ACTUEL

Une demi heure par semaine d’éducation thérapeutique chez un patient diabétique insulino dépendant de plus de 75 ans. Suite au séminaire diabétique , tous les professionnels de santé s’accordent à dire que c’est inapproprié.

OBJECTIF

Réduire l’apparition de la maladie, des complications couteuses liés à une maladie chronique.

Actuellement, l’acte de prévention est un acte prescrit, mais on peut imaginer la mise en place de forfait de prévention qui découle des programmes de l’ ASSNC.

 

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REFORME INFIRMIERE EN NOUVELLE CALEDONIE

 

Syndicat des Infirmiers A Domicile

 

Le plan DO KAMO issu des assises de la santé relance la mise en place de la dynamique infirmière avec en finalité une reconnaissance de la profession pour le soins pluri-pathologiques, préventifs et d'éducation de proximité. Au sein de la profession, et en parallèle à la revendication d’obtention de prises en charge de soins plus techniques, des voix s’élèvent pour rappeler que, quelles que soient les réformes et les évolutions du métier, une chose ne pourra jamais nous être enlevée : notre Rôle Propre

Nous allons voir dans quelles conditions ce Rôle Propre peut éventuellement être défendu compte tenu des orientations prévisibles de la politique de Santé, ainsi que les différentes évolutions qui s’offrent à notre profession dans le plan DO KAMO.

Dans ce paysage, la pratique libérale des soins infirmiers consiste majoritairement à prodiguer des soins à domicile ou en institution sur prescription médicale. Cette organisation est la clef de voûte du système des soins à domicile. En effet, dans l’organisation actuelle, les soins ne sont réalisables que s’ils sont remboursés, ce qui sous-entend :

  • qu’ils sont prescrits par un médecin ou un service

  • qu’ils figurent à la Nomenclature Générale des Actes Professionnels

  • que l’infirmière qui les effectue est conventionnée par la CAFAT

Ces soins sont classés en deux catégories :

- les AMI (actes médicaux infirmiers), soins techniques par excellence

  • les AIS (actes infirmiers de surveillance), actes relevant généralement du rôle propre, et figurant à la NGAP sous forme de forfaits horaires. Ces « Séances de Soins Infirmiers » incluent parfois des actes techniques dont la cotation n’est pas cumulable.

Le RUAMM et la Gestion du Risque

Le but du RUAMM, dans le cadre financier voté par le congrès, est de permettre à la population d’être et de se maintenir en bonne santé. La Gestion du Risque y contribue par l’ensemble des actions et procédures conduisant à :

  • Optimiser la réponse du système de soins aux besoins de santé

  • Inciter la population à recourir de manière pertinente à la prévention et aux soins

  • Amener les professionnels à respecter les critères d’utilité et de qualité des soins ainsi que la modération des coûts.

La Gestion du Risque porte sur tous les domaines du système de soins : ambulatoire, hospitalier, ou mixte.

Elle s’attache tant aux soins de premier et second recours, qu’à la prévention et à l’éducation pour la santé.

La Gestion du Risque donne lieu à des actions qui relèvent des modalités suivantes :

  • contrôles individuels ou collectifs des professionnels, des structures et des bénéficiaires

  • respect de la réglementation et des référentiels médicaux et administratifs opposables, ainsi que des recommandations de bonnes pratiques

  • études et actions sur l’organisation du système de soins avec analyse de l’activité des établissements de santé, des zones d’attraction des clientèle des structures, des filières et des réseaux

  • analyse et évaluation de pratiques ciblées sur des populations ou des pathologies, prévention et dépistages, éducation pour la santé

1/ Les dimensions du soin infirmier

Les actes infirmiers s’organisent en 5 dimensions que nous allons rappeler.

- La Prévention

  • La Prévention primaire vise à l’éradication de la maladie par la disparition des ses causes étiologiques et favorisantes. Elle peut être spécifique (action sur l’homme) ou non spécifique (action sur le milieu)

  • La Prévention secondaire a pour objectif le dépistage de la maladie lorsque tous les facteurs sont réunis pour qu’elle se manifeste. La prévention tertiaire a pour but de limiter les séquelles, les complications et les rechutes d’une maladie.

L’ANAES6 a publié en Octobre 2000 des recommandations sur la prise en charge de la crise suicidaire. L’agence constate qu’il est relativement aisé de gérer à ce sujet la dimension primaire et tertiaire de cette prévention. Cependant, il semble exister une réelle difficulté au niveau de la prévention secondaire. Et pour cause ! A quoi sert, par exemple, que le FIF-PL ( fond interprofessionnel de formation des professionnels libéraux) propose une formation sur le dépistage des situations de détresse chez l’adolescent à des professionnelles qui travaillent très majoritairement auprès d’une population du 3ème et 4ème âge ? Mais c’est pourtant bien au niveau de la prévention primaire que se feront jour les enjeux de la santé de demain.

- L’Education

Dans la nomenclature, cette notion n'apparaît que dans les « Séances de Soins Infirmiers » (AIS), alors que l’on peut considérer qu’une infirmière fait de l’éducation pratiquement lors de chaque soin qu’elle exécute. Dans les évolutions du système qui se dessinent, cet aspect de l’exercice devra être pris en compte et revalorisé.

- Les soins de Maintenance

Ces soins « d’entretien et de continuité de la vie » s’inspirent principalement des 14 besoins définis par Virginia Henderson7, quoique d’autres concepts de soins soient utilisables. Tous ces concepts utilisent les « Diagnostics Infirmiers » formalisés par l’ANADI 8.

7 Respirer, boire et manger, éliminer les déchets, contrôler sa température, dormir et se reposer, se mouvoir, se vêtir et se dévêtir, être propre et soigné, éviter les dangers, communiquer, agir selon ses valeurs et ses croyances, s’occuper et se réaliser, se récréer et apprendre

8 Association Nord-Américaine des Diagnostics Infirmiers

- Les Soins Curatifs

Ils limitent la pathologie existante par un traitement d’attaque, puis un traitement d’entretien, après qu’un diagnostic ait été posé par le médecin.

- La Réhabilitation

Elle passe par la création d’outils de suppléance, ainsi que par la réinsertion sociale.

2/ Le Rôle Propre

Outre les actes purement techniques exécutables sur prescription médicale (actes prescrits ou délégués), le décret de compétence (9) de l’infirmière définit le Rôle Propre et les actes qui y sont associés. Tous ces actes sont réalisables à domicile. Ils se divisent en deux familles :

  • les actes effectués au décours d’autres soins, et à ce titre non remboursables. Difficilement évaluables en volume, leur retentissement sur la qualité du soin ou sur la santé en général n’est pas encore quantifié.

  • les actes effectués sur prescription, et remboursables à ce seul titre.

Voyons maintenant la liste des soins définis dans les Articles du Décret de Compétence qui sont actuellement hors nomenclature:

  • Prévention et évaluation de la souffrance et de la détresse des personnes, et participation à leur soulagement (10)

  • Concourir au recueil des informations et aux méthodes qui seront utilisées par le médecin pour établir son diagnostic

  • Participation à l’évaluation du degrés de dépendance des personnes

  • Participation à la surveillance clinique des patients et à la mise en œuvre des thérapeutiques (11)

  • Accompagnement des patients en fin de vie, et en tant que de besoin, leur entourage

  • Surveillance de l’hygiène et de l’équilibre alimentaire

  • Vérification de la prise des médicaments et surveillance de leurs effets (12)

  • Surveillance de l’élimination intestinale et urinaire

  • Installation du patient dans une position en rapport avec sa pathologie ou son handicap (13)

9 Décret N°93-345 du 15 mars 1993 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmier et la délibération n° 105 du 15 décembre 2010

10 Dans les limites des soins de la NGAP prodigués sur prescription médicale

11 non prévu dans la NGAP

12 En dehors des prises en charge thérapeutiques définies dans l’article 10 de la NGAP

13 Changements de position dans le cadre de la prévention d’escarres, par exemple.

  • Lever du patient et aide à la marche ne faisant pas appel aux technique

  • Lever du patient et aide à la marche ne faisant pas appel aux techniques de rééducation

  • Préparation et surveillance du repos et du sommeil

  • Prévention non médicamenteuse des thromboses veineuses (14)

  • Administration en aérosol de produits non médicamenteux(15)

  • Appréciation des principaux paramètres servant à la surveillance de l’état de santé des patients : […](16)

  • Renouvellement du matériel de pansement non médicamenteux

  • Réalisation et surveillance des pansements et des bandages(17)

  • Prévention et soins d’escarres

  • Soins de bouche avec application de produits non médicamenteux

  • Détection des parasitoses externes et soins aux personnes atteintes de celles-ci

  • Recueil de données biologiques obtenues par les techniques à lecture instantanées : […](18)

  • Aide et soutien psychologique

  • Relation d’aide thérapeutique

  • Observation et surveillance des troubles du comportement

  • Entretien d’accueil et d’orientation

  • Organisation et animation d’activités à visée sociothérapique

14 Pose de bas à varices, par exemple.

15 Etant donnée la définition légale du médicament (Art. L5111-1 du Code de la Santé Publique : « […] toute substance ou s : glycosurie, acétonurie, protéinurie, recherche de sang, pH. Sang : glycémie, acétonémie.

  • composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives […] ») , on peut s’interroger sur l’intérêt de tels soins.

16 […] température, pulsations, pression artérielle, rythme respiratoire, volume de la diurèse, poids, mensurations, réflexes pupillaires, réflexes de défense cutanée, observation des manifestations de l’état de conscience.

17 Autres que ceux visés à l’article 4 qui nécessitent une prescription

  • 18 […] Urine

3/ Le Plan de Soins Infirmiers (PSI) ou Démarche de Soin Infirmier

La mise en place du PSI ou DSI s'intègre dans le Programme d’Aide Personnalisée (PAP) décrit dans l’article 11-3 de la NGAP. En dehors de l’aspect purement réglementaire, sur lequel nous ne nous étendrons pas, ce soin trouve sa dimension réelle dans le fait qu’il est prescrit par l’infirmière et qu’il articule son action dans le secteur social.

Cette démarche est l’une des compétences reconnues à l’infirmière consistant à « insérer ou réinsérer la personne dans son milieu familial ou social ». Or, dans le contexte sanitaire qui se construit aujourd’hui, et dans lequel les personnes vieillissantes vont être de plus en plus demandeuses de soins, l’APA permettra de satisfaire toutes les actions qui relèvent de l’aide à la vie quotidienne. La distinction entre les soins non spécifiquement infirmiers, et les soins qui relèvent strictement de notre compétence, est inévitable. Tout l’intérêt du PAP consiste à laisser à l’infirmière l’initiative de cette distinction.

 

4/ POSITION DE L’OMS

Dans le programme « Santé 21 », l’OMS définit pour l’Europe la politique-cadre de santé publique du début du XXI ème siècle. A cette occasion, émerge un nouveau concept : celui d’Infirmière de Famille (IDF). Parmi les 21 buts énoncés dans ce programme, 20 concernent directement la mission de l’IDF30. Pour parvenir à ces objectifs, l’OMS affiche clairement sa volonté d’accorder une place de choix aux médecins et aux infirmières. Plus précisément, les IDF devront :

  • aider les individus et familles à assumer la maladie et l’incapacité chronique

  • passer une grande partie de leur temps auprès des patients et de leur famille à leur domicile en période de crise

  • donner des conseils sur les modes de vie et les facteurs de risque liés aux comportements

  • aider les familles sur les questions concernant la santé

Ces IDF agiront à tous les niveaux de la prévention :

primaire : recherche des facteurs de stress et des menaces pour la santé, actions de prévention et d’éducation

secondaire : participation à des actions de dépistage, à des campagnes de vaccination

tertiaire : mobilisation des ressources dans le but de reconstituer les « capacités de résistance » de l’individu et de sa famille

A chaque niveau d’intervention, les connaissances acquises par l’IDF permettent des interventions précoces en coordination avec les autres acteurs des soins. Quel que soit ce niveau, la dispense de soins directs, rôle traditionnel dévolu à l’infirmière, est possible en fonction du besoin.

La dimension environnementale est ici primordiale. En évaluant les conditions de vie de ses patients (logement, situation familiale et socio-économique, conditions de travail, comportements particuliers, etc…), l’IDF est à même d’établir des diagnostics infirmiers précis, et de coordonner les actions à mettre en œuvre pour une prise en charge de qualité dans le processus de restauration de l’état de santé du patient.

Ce concept revient à définir la famille comme lieu privilégié de prise de conscience de l’état de santé des individus qui la composent, dans un environnement physique et psychosocial défini sur lequel interagissent les acteurs de santé (IDF, médecin de famille).

Pour parvenir à ces résultats, l’OMS propose de former les IDF par le biais d’un diplôme universitaire

5/ L’INFIRMIERE CONSEIL EN SANTE

Nous posons donc que l’éducation sanitaire dispensée à un patient est un soin infirmier à part entière. Nous pouvons donc penser que ce soin va progressivement laisser sa place à des actions de prévention et d’éducation. Ces actions devraient être soutenues par le gouvernement de Nouvelle Calédonie. Dans ce contexte, l’infirmière doit pouvoir réaliser à domicile, dans un premier temps aux frais du patient, donc avec « tact et mesure », de véritables entretiens infirmiers grâce auxquels elle pourra faire valoir toute l’étendue des possibilités offertes par son Rôle Propre, que se soient des soins techniques ou des séances de prévention et d’éducation.

 

6/ PERSPECTIVES

La prise en charge holistique des patients est une revendication forte de la profession avec la mise place de « Diagnostic Infirmier », du droit de prescription . La prescription, limitée à certains médicaments, est d’ores et déjà mise en pratique en Suède et au Royaume-Uni pour des infirmières ayant suivi une formation particulière. Aux USA, et toujours sous couvert d’une formations complémentaire, les infirmières pratiquent la palpation, la percussion, et prescrivent même l’Eprex© aux patients anémiés. En France, il semble que cette étape soit un peu prématurée du fait du monopole exercé par les médecins. Par contre, et cela existe déjà dans certaines structures hospitalières, une Consultation Infirmière paraît être un bon compromis en attendant cette possibilité de prescrire.

7/ Quel politique de santé?

Le Conseil scientifique mis en place par la CNAM en Septembre 1999 a rédigé un rapport basé sur l’étude de l’organisation des soins primaires. Il met l’accent sur le fait que les soins ne répondent pas aux besoins de la population faute d’une « politique cohérente et spécifique ». Le rapport recommande ainsi le « regroupement géographique dans un lieu unique des principaux professionnels de santé » afin de constituer des centres de santé qui pourraient prendre la forme de SCM.

Les décideurs ne savent plus que faire pour maîtriser les dépenses de santé. La politique, avec ce qu’elle a d’intemporel dans sa continuité et de profondément humain, n’est plus cohérente. En mettant en place la CMU (en France), par exemple, on permet un meilleur accès aux soins, et donc une augmentation des dépenses. En contre-partie, les budgets n’augmentant pas, et n’osant pas réduire le fameux panier de biens et services, il n’y a plus d’autre choix que de réduire les rémunérations. Toutes les réformes mises en place dans les autres pays tentent de s’adapter à une économie libérale de marché en proposant, de manière plus ou moins judicieuse, un contrat-qualité. A savoir qu’en échange de meilleures prestations de santé, on en réduit ouvertement le nombre. En cela, on se rapproche de la notion « d’entreprise de santé ». Or, nous sommes l’un des rares pays à avoir développé de façon aussi aboutie le secteur du soin à domicile. Pourquoi ne pas utiliser la ressource que constituent les infirmières libérales pour développer les soins de santé primaires, la prévention et l’éducation ? Pourquoi ne pas nous permettre de travailler de concert avec nos collègues du milieu scolaire ?

Ainsi, peu d’options s’offrent à nous en l’absence de nouvelles réglementations. En attendant la concrétisation du plan DO KAMO qui découle des assises, nous allons voir quelles orientations pourrait prendre notre exercice sous l’éclairage des chapitres précédents.

 

 

 

 

 

 

8/ Exercice contractuel

Aujourd’hui, l’infirmière libérale n’a de libéral que le nom ! Le seul fait d’instaurer des quotas va à l’encontre de cette dimension de liberté qui faisait la spécificité de ce mode d’exercice. De plus, puisque le paiement à l’acte est la pierre angulaire de la maîtrise comptable, le fait de mettre en place des rémunérations forfaitaires, dans les réseaux par exemple, n’est ni plus ni moins que l’acceptation d’une forme de salariat. Dans ces conditions, il pourrait être envisagé que l’infirmière soit rémunérée de façon contractuelle par des caisses d’assurance maladie, des mutuelles, des établissements médico-sociaux, des collectivités locales, des entreprises,… sur la base de prestations qui constitueraient un panier de biens et services. Elle garderait la liberté de choix du nombre de contrats, et pourrait faire valoir des spécialités acquises lors de formations validées. Déjà, dans la majorité des cliniques, les prélèvements sanguins sont réalisés par une infirmière salariée d’un laboratoire extérieur à l’établissement. De la même façon, la mise en place de la réforme de tarification dans les EHPA correspond à cette volonté de faire intervenir des professionnelles qui ne seront plus rémunérées à l’acte.

9/ L’entreprise de santé

L’intérêt d’un statut d’entreprise de santé réside dans le fait qu’il permettrait à l’infirmière d’employer du personnel, par exemple des aides-soignantes (AS). La mise en place de la Démarche de Soin Infirmier ou du Plan de Soin Infirmier aurait du sens en permettant à l’infirmière de véritablement déléguer certains actes comme les toilettes à des professionnelles correctement formées. Aujourd’hui, il n’y a que les prestataires de services ou les SSIAD qui peuvent salarier des AS pour un travail à domicile. Or, il apparaît que ces structures ne sont pas rentables ( l'échec du SSIAD de l'ASAMAD en est la preuve). De plus, ce transfert laisserait plus de temps à l’infirmière pour effectuer des soins techniques ou s’engager dans des prises en charge de patients plus lourds. Cela permettrait aux établissements de renvoyer plus précocement les patients à leur domicile, donc d’alléger le coût sanitaire au double titre de la baisse du nombre de journées d’hospitalisation facturées et de l’incidence des infections nosocomiales

famille à une prise en charge à domicile est toujours possible, ce qui soulagerait encore le budget des caisses…

10/ La prescription infirmière

Le rapport Brocas préconise la possibilité de prescrire le matériel nécessaire à l’élaboration des pansements. Force est de constater que nos connaissances dans ce domaine sont supérieures à celles de la plupart des médecins, et les laboratoires n’y sont pas étrangers ! Cette étape sera incontournable dans l’évolution de la profession. Outre les revendications classiques (rémunération, convention, formation), l’autonomie de l’infirmière par rapport à la prescription et à l’application de son rôle propre sera à n’en pas douter l’un des enjeux majeurs des prochaines années.

Si l’on prend en considération la démographie médicale qui va aller décroissante par rapport au nombre de patients âgés, on peut supposer qu’il va devenir indispensable de soulager les généralistes de certaines tâches. Ainsi, moyennant une formation dont les modalités restent à mettre en place, l’infirmière pourra probablement se voir attribuer une autonomie de prescription de certains médicaments (laxatifs, antalgiques faibles, compléments alimentaires, ajustement des doses d’insuline, par exemple).

11/ La consultation infirmière de fin de soin

Nous avons vu avec le programme de l’OMS qu’il était envisageable de mettre en valeur les richesses de notre rôle propre dans le but de pratiquer une santé communautaire basée sur le concept de « population-cliente ». La consultation infirmière à domicile dûment rémunérée constituerait une véritable avancée dans le domaine de la santé publique. Sa mise en place suppose un engagement de la part de toutes les parties (formation, évaluation, accréditation, coordination…) dans un esprit de confiance réciproque. Il est évident qu’avec l’état d’esprit actuel des caisses qui voient un fraudeur potentiel derrière chaque professionnel, nous n’arriverons à rien ! Par ailleurs, il paraît indispensable que cette consultation ait toujours lieu au domicile du patient, de façon à ce que l’infirmière puisse évaluer l’environnement, et ainsi avoir une vision globale et réaliste des conditions de vie de la personne. Un exemple de consultation infirmière serait de prévoir une « consultation de fin de soins » qui permettrait à l’infirmière de formaliser des conseils ou des éléments d’éducation après une série de pansements ou d’injections. La consultation pourrait aussi être le support d’une éducation au diabétique, d’une éducation diététique, toujours dans la limite des compétences , donc avec la possibilité de renvoyer le patient sur un professionnel plus qualifié. Cela suppose aussi une prise de responsabilité plus importante.

 

Conclusion

Nous l’avons vu, la santé est un sujet complexe, à la fois dépendant de facteurs techniques, administratifs, sociaux, politiques, financiers… Dans ces conditions, il est difficile pour les infirmières que nous sommes de faire valoir nos revendications face au devoir de solidarité et d’efficience du système. Les conflits sont nombreux entre intérêts collectifs et aspirations individuelles, technique et relation, éthique et argent. A priori, l’avenir semble sombre. Pourtant, s’il est exact que le présent est loin d’être rose, il apparaît que les politiques quels qu’ils soient ne pourront pas faire l’économie de la revalorisation de notre pratique. Ce travail l’a montré, les orientations des politiques de santé se font toutes dans le sens de l’éducation, de la prévention, de la santé publique et communautaire. C’est donc à cela que nous devons nous préparer, puisque telle est notre fonction au travers du rôle propre. Un proverbe ne dit-il pas « mieux vaut prévenir que guérir » ? Tout est question de temps… Et lorsque l’on permettra enfin à l’infirmière d’exprimer à niveau égal son savoir-faire et son savoir-être, on mesurera tout le chemin parcouru depuis les hospices du moyen-âge

 

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01 novembre 2009

FORMATION AUX URGENCES INTERNATIONALES

PIROPS

Formation aux Urgences Internationales

Basic Health Care / Soins de Santé Primaire

OBJECTIFS DE LA FORMATION

:

au sein des équipes d’urgence de la PIROPS pour des interventions régionales dans le Pacifique Sud

dans les ERU médicales de la Croix-Rouge Française (Equipes de Réponses aux Urgences) pour des opérations internationales de plus grande envergure

La formation se déroule, de manière continue, pendant dix jours sur un site extérieur à Nouméa, l’amplitude horaire y est importante et la présence permanente des candidats est demandée.

A l’issue de cette période, chaque candidat est reçu pour un entretien de validation finale, étape déterminante à l’intégration définitive dans les équipes d’urgence.

assurer des traitements en santé de base dans des zones affectées par un désastre

répondre à des risques épidémiques par l’évaluation, l’alerte et la transmission de données aux structures de santé

apporter une réponse minimale aux urgences médicales (trauma, obstétrique, pédiatrie, … avant de référer à des structures adaptées :

LA FORMATION 

Cette formation s’adresse aux spécialistes de la santé. Elle permet au futur volontaire de se familiariser avec les procédures d’intervention du mouvement Croix-Rouge et Croissant-Rouge, d’avoir une meilleure compréhension de son poste sur le terrain et de se préparer à travailler dans des contextes complexes et difficiles.

L

Pour en savoir plus sur les Equipes de Réponse aux Urgences de la Croix-Rouge Française

http://www.croix-rouge.fr/Nos-actions/Action-internationale/Agir-en-temps-de-crise/Intervenir-dans-l-urgence/Les-equipes-de-reponse-aux-urgences-humanitaires/ERU-un-dispositif-d-urgence

COMPETENCES REQUISES 

Pré-requis :

:

HEMATIQUES ABORDEES :

:

Préparation individuelle à l’intervention l’urgence

:

LES PERSONNES INTERESSEES PEUVENT ENVOYER LEUR CANDIDATURE OU NOUS CONTACTER A 

accueil-pirops.frc@croix-rouge.fr - Tél : 687 23 12 72 - Fax : 687 23 12 73

Exercice de terrain de deux à trois jours avec mise en situation

Centre Hébergement d’Urgence (CHU)

Initiation aux Situations d’Exception (ISE)

Gestion des télécoms

Interculturalité

Vie et sécurité en mission

Gestion du stress en mission

La gestion de la pharmacie

Les maladies tropicales et autres

La typologie des catastrophes

La sensibilisation au soutien psychologique

La malnutrition, la santé materno-infantile

La gestion des déchets (impact environnemental)

La géographie de la santé, le contexte sanitaire du Pacifique

L’épidémiologie, santé publique, soins de santé primaire

Approche de la santé dans le contexte de catastrophe :

Croix-Rouge Française, activités internationales, nationales, territoriales

Projet Sphère, code de conduite, les autres acteurs humanitaires

Gestion des urgences mouvement Croix-rouge, ERU, PIROPS,

Histoire et composantes du mouvement Croix-Rouge/Croissant-Rouge

T

Connaissance de la Croix-Rouge et du monde humanitaire :

Goût pour la diversité culturelle

Aptitude à pouvoir travailler en équipe et dans des conditions difficiles

Souplesse et capacité d’adaptation

Qualité d’organisation et de coordination, sens de l’initiative

Aptitudes personnelles :

Techniciens : Expérience et capacités en logistique très appréciées

Sages-femmes, pharmaciens, aides-soignants, secouristes

Infirmiers : D.U. catastrophe, anesthésiste réanimation, santé publique, médecine tropicale

Médecins : Médecine de catastrophe, tropicale, santé communautaire, urgentiste

Profils techniques recherchés :

Disponible au minimum trois semaines consécutives, à plein temps, pour une mission de terrain

Pratique de l’anglais

Etre à jour de ses vaccinations : DTP obligatoire, hépatites A, B et fièvre jaune conseillées

Avoir un passeport en cours de validité

Etre âgé(e) d’au moins 25 ans avec deux ans d’expérience professionnelle

Organisée par la Croix-Rouge Française, cette formation est encadrée par des professionnels de l’humanitaire oeuvrant pour la Croix-Rouge Française à partir de la Nouvelle Calédonie, la Réunion, en France ou au profit de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR).

EQUIPE PEDAGOGIQUE :

La Plate-forme d’Intervention Régionale Océan Pacifique Sud forme des volontaires afin de constituer des équipes d’urgence autonomes. Formées à intervenir dans un pays touché par une catastrophe d’origine naturelle ou humaine, elles sont dotées d’équipements standardisés permettant la prise en charge de 30 000 personnes pendant 3 mois.

La formation « Soins de santé primaire » est destinée aux professionnels des secteurs médical et paramédical souhaitant vivement s’engager :

Plate-forme d’Intervention Régionale Océan Pacifique Sud

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POUR DECOUVRIR LES ILES PENDANT VOS REMPLACEMENTS

En dehors vos périodes de remplacements, les  infirmiers libéraux conventionnés ont la possibilité de vous organiser des forfaits découvertes des iles de Nouvelle Calédonie pendant votre sejour en Calédonie. Pour tout renseignement : contacter  Marie Laure  au mail suivant marielaureraoull@gmail.com

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24 juin 2008

RENSEIGNEMENT SUR LA NOUVELLE CALEDONIE

GEOGRAPHIE DEMOGRAPHIE

La Nouvelle Calédonie est distante de 20 000 km de la France et elle a une superficie  19100 km². Elle est divisée en trois provinces le nord, le sud et les îles ou loyautés

Au dernier recensement en 2004, elle comptait  230 789 habitants, seulement 22 080 (9,5 %) vivent aux îles loyautés, dont la capitale est  WE (11,15 hab./km²) et 44 474 (19,3 %) dans la province nord, dont la capitale est  KONE, (pourtant la plus étendue des trois provinces, et où la densité n'est donc que de 4,6 hab./km²) contre 164 235 (71,2 %) dans la province sud, dont la capitale est NOUMEA, (23,4 hab./km²), qui regroupe ainsi entre deux tiers et trois quarts de la population calédonienne sur seulement un peu plus d'un tiers du territoire. Et au sein même de cette dernière province la répartition de la population est très déséquilibrée, avec une forte concentration à Nouméa et dans son agglomération. Le chef-lieu Nouméa, avec 91 386 habitants, rassemble ainsi 40 % des habitants du territoire (1 360 hab./km²) sur à peine 0,35 % de sa superficie, et le Grand Nouméa pèse 146 000 personnes, soit 63 % de la population totale sur moins d'1/10e de la surface de l'archipel.

LA POPULATION

-         les mélanésiens (Les Kanaks ou Canaques) représentent 44,1 % de la population néo-calédonienne.

-         les descendants d'Européens historiques souvent métissés, représentent 34,1 % de la population : Les calédoniens, principalement d'origine française, descendants d'anciens bagnards ou de colons libres.

-         les Polynésiens du sud (dont les Wallisiens et Futuniens), représentent 9 % de la population alors que les vanuatus représentent 1,4 %.

-         Les tahitiens  représentent 2,6 % de la population néo-calédonienne.

LA LANGUE

Le français est la langue officielle, avec un accent et des expressions particulières au sein de la population européenne installée depuis plusieurs générations en Nouvelle-Calédonie ainsi que dans les autres communautés non européennes. Mais il existe 28 langues locales (qui sont des langues austronésiennes) dont cinq ont le statut (entre autres pour des raisons historiques) de « langue régionale » : trois sur la Grande Terre (le paicî, dans la région de Poindimié, l’ajiê, dans la région de Houaïlou et depuis peu le xârâcùù dans la région de Canala et deThio), et deux dans les îles loyautés (le nengone, dans l'Île de Maré, et le drehu dans l'île de Lifou).

Les autres langues parlées par les communautés vivant dans l'archipel sont le bichelamar Ni Vanuatu), le wallisien, le futunien, le tahitien, le vietnamien et le javanais.

LE SYSTEME DE SANTE

La Calédonie est autonome en matière de santé, ce qui veut dire que les
décrets, les lois etc. existant en France ne s'appliquent pas localement (l'ordre
infirmier par exemple), sauf si le gouvernement calédonien soumet au congrès la loi pour qu’elle puisse être adoptée. Une loi de pays régit le système de santé.

Le secteur hospitalier:

-  Il existe un centre territorial sur Nouméa "Gaston BOURRET"

- deux autres centres plus petits en province Nord : Koumac et Poindimié

- deux cliniques "la baie des Citrons et la clinique Magnin
- un CHS celui de Nouville

LA FORMATION IFPPS

Il existe une école d'infirmière mais avec très peu  de diplômé à la sortie (moins d’une dizaine par an).

LES PATHOLOGIES LES PLUS FREQUENTES

HTA 23 %.

Diabète 17 %.

DEMOGRAPHIE INFIRMIERE

Nous sommes aux alentours de 1082 infirmiers sur le territoire

Hospitaliers :

811 en province SUD, 38  dans la province des îles, 109 dans la province NORD

Libéral : 139 infirmiers

108 sur Nouméa et grand Nouméa

19 hors Nouméa et grand Nouméa (autres villes de la province SUD)

12 en province NORD

Aucune infirmière libérale dans les îles loyautés.

En ce qui concerne le libéral, on ne peut pas s’installer n'importe où, le
conventionnement est soumis à une régulation qui entre dans le cadre d'une
maîtrise des dépenses de soins seulement sur NOUMÉA et le grand Nouméa.

En dehors de l'agglomération nouméenne, l'installation est
libre.

Nous appliquons une convention signée le 31/8/2007, qui s’inspire de la convention métropolitaine, sauf pour les points suivants (entre autre) :

-         régulation des installations (application d’une loi de pays)

-         existence d’un plafond d’efficience de 27 000 AIS/AMI (application d’une loi de pays)

-         tarifications en franc pacifique (Fp), devise  locale 1 euros = 119.33 Fp : AMI à 490 Fp, AIS à  450 Fp, IFD à 335 Fp, IK 55 fp et majoration à 1350 Fp.

Il n’existe pas de service de soins infirmiers à domicile, car la réglementation ne le permet pas.

Notre activité se répartit comme suit :

65 à 70 % d’activité en AIS et le reste en AMI.

Nous avons plus d’actes sur Nouméa et grand Nouméa, contrairement aux infirmiers libéraux du nord, qui parcourent les tribus distants parfois plus de 50 km de piste pour un patient, d’ou la nécessité d’avoir un véhicule 4X4, surtout lorsque les creeks ( les rivières) sont en crus.

Vu les difficultés de langage, 28 langues, il est difficile d’éduquer les patients, d’autant plus que la médecine traditionnelle locale continue à avoir des adeptes.

Certains traitements par les plantes  se perpétuent encore malgré l’acceptation de la médecine moderne.

-         La sève d’aloès pour les plaies ou les escarres (s’avère efficace d’ailleurs)

-         La décoction des feuilles de papayers mâles pour le diabète

-         Le bain de feuille bien bouillie de corossol pour les prurits (varicelle)

-         La sève de la branche de manguier pour les verrues.

-         Etc.….

Une tournée commence aux alentours de 5h00 pour ceux de Nouméa et un peu plus tard pour les autres.

Les rétrocessions lors de remplacement sont de l'ordre de 60 % pour la remplaçante.

En Calédonie, nous ne cotisons pas à la caisse pour la retraite, nous n’avons pas l’URSSAF, l’infirmer conventionné ou la remplaçante cotise à une caisse qui ne rembourse que les frais d’hospitalisation, le reste n’est pas remboursé et aucune retraite n’est prévue.

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21 mai 2008

BUREAU DU SIAD

Le bureau se compose:

Président : M. RAOULL Hervé

Vice présidente : MME VIAN Nathalie

Trésorière : MME DUCROZET Jocelyne

Secrétaire : MME MOULET Christiane

 

 

 

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